AccueilPortailCalendrierFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexionReussite-Bac.com

Partagez | 
 

 Exposé - Le fatalisme et le déterminisme.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
LuDoViC
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 88
Age : 28
Localisation : Salaise Sur Sanne
Emploi : Etudiant ? (en théorie).
Date d'inscription : 24/03/2007

MessageSujet: Exposé - Le fatalisme et le déterminisme.   Sam 24 Mar - 17:21

Voilà, pour ceux qui n'ont pas réussi à prendre notes, voici l'exposé que nous avons présenté devant la classe avec Maxime.
Logiquement, les petites phrases débiles qui avaient pour but de nous déstabiliser (oui oui, on aime bien se pièger nous même) ont été supprimés x) !

Le fatalisme et le déterminisme
dans Jacques le Fataliste et son maître.




Introduction.
Jacques le fataliste et son maître est une œuvre originale et baroque dans la droite lignée du Supplément au voyage de Bougainville, et qui oppose deux concepts que l’on pourrait qualifier d’antinomiques : le fatalisme et le déterminisme. Jacques et son maître incarnent parfaitement cette dissemblance, néanmoins, le fataliste n’étant pas forcément celui que l’on croit : Jacques déterministe malgré lui car agissant pour prouver son raisonnement et le maître fataliste sans le savoir puisque vivant au jour le jour, dépendant de son valet, sont les vivants exemples de ce paradoxe.


I] Définitions


a) Le fatalisme.

Toute personne, tout objet a un destin auquel on ne peut que se résoudre. Le fatalisme est une idée selon laquelle tout événement doit arriver, sans qu’on ne puisse rien y faire. C'est-à-dire que l’on doit se résoudre à son destin car on ne peut aller contre lui.
Donc le fatalisme peut s’ancrer dans la religion : en effet l’emploi d’expressions : «Si Dieu le veut bien »lors d’un événement heureux ou « dieu en a voulu ainsi »montre que le fatalisme est souvent lié à des préceptes religieux. Le fatalisme ne tient sur aucune réalité mais subsiste grâce à l’ignorance des gens. Le fatalisme est un système qui affirme une nécessité fatale (fatum), devant laquelle les décisions et actions des hommes sont inopérantes. Dans le langage philosophique cette résignation au destin, peut, comme chez les Stoïciens, prendre la forme d’un consentement actif aux volontés divines, mais dans son acceptation usuelle le mot désigne plutôt une soumission paresseuse.

b) Le déterminisme.


« Ensemble des conditions nécessaires à l’explication d’un phénomène » (sens scientifique). La notion de déterminisme réfute l’idée de l’existence d’un effet sans cause (principe de causalité). Vérifiabilité des phénomènes, explication du lien entre concept et phénomène par des lois (sens scientifique suite).
Le déterminisme est donc l’action d’influer sur son destin pour satisfaire la nécessité. Ce concept nie la notion de libre arbitre (on ne choisit pas, cependant, on est responsable de nos actes). Il n’y a pas d’effets sans causes, là où le déterministe agit sur son destin, le fataliste y est soumis. La volonté du déterministe est quasi inexistante et ne sert uniquement qu’à la nécessité.


II] Le déterminisme et le fatalisme dans l'oeuvre.


a) Dans le duo de Jacques et son maître.


C’est d’abord le fatalisme qui donne son surnom à Jacques, surnom confirmé immédiatement dés la première page. En effet, les expressions ne manquent pas pour exprimer les convictions du valet : « tout est écrit là haut. », « chaque balle a son billet », « le grand rouleau ».
Jacques soutient donc l’existence d’un système qui affirme une nécessité fatale devant laquelle tout action et décision des hommes sont inopérantes. Inutile donc de chercher la cause des événements pour le personnage, tout ce qui arrive est écrit là haut, et donc parce que c’est écrit que ça arrive !
Cette doctrine s’impose à Jacques comme un catéchisme qu’il se contente de répéter mécaniquement. Le fatalisme devrait donc pousser Jacques à l’inaction et à l’indifférence… Or en lisant le récit, on s’aperçoit que c’est tout le contraire. Jacques ne cesse de réagir aux événements : c’est lui qui combat et met en déroute les brigands de l’auberge, c’est lui qui reprend au porte balle la montre de son maître, il sait s’imposer et même inverser le déterminisme social en prenant le pas sur son maître. De plus, il n’hésite pas à se livrer à une expérience truquée en desserrant les sangles de la selle de son maître pour le faire tomber de cheval. Rien ici n’implique l’ouvre du grand rouleau, au contraire, tout montre l’évidente liberté de l’expérimentateur.
Il y a donc un paradoxe énorme entre les paroles de Jacques et ses gestes, que même le maître constate en déclarant : « il n’y a peut être pas sous le ciel une tête qui contient autant de paradoxes que la tienne ».
On peut donc dire que Jacques affirme penser comme un fataliste, mais agit comme un déterministe (ce dernier n’exclut donc pas l’efficacité de l’action humaine). De plus Jacques est athée et semble se situer plus dans le champ de la philosophie et de la science et non sur le terrain de la religion ou de la magie, ce qui confirme d’autant plus son penchant déterministe. Diderot dans son jeu avec le lecteur présente à ce dernier un personnage (Jacques), croyant dans l’absolu que tout est écrit… Mais agissant de lui-même pour prouver la crédibilité de son raisonnement. Ainsi il est celui qui influence son destin tout en voulant prouver qu’il n’a aucune prise sur ce qui lui arrive. D’où paradoxe.

En revanche, le maître qui semble pourtant croire à la liberté, agit comme un automate affairé vers les choses avec la lourdeur ridicule d’une machine. En nous basant donc sur son comportement, on serait donc tenter de dire que le vrai fataliste n’est pas Jacques, mais son maître. (Même si « Maître le fataliste et son Jacques » c’est vachement moche…)
Il n’agit pas par lui-même, comme si il acceptait intuitivement que tout était écrit et que quelque soit sa volonté rien ne saurait l’écarter de la voie qui a été écrite pour lui dans le grand rouleau, d’où son absence d’activité.



b) Fata. & Deter. dans le reste du livre.

D’autres exemples inclus dans un processus déterministe peuvent être trouvés dans le livre : comme Mme de la Pommeraye.
En effet, cette dernière, victime de l’inconstance du marquis des Arcis, se prend en charge et décide (enfin) d’exercer une juste vengeance. Ce faisant, elle s’inscrit dans une logique déterministe en mettant au point un stratagème cruel et sadique destiné à punir le marquis, responsable de son désarroi.
Le marquis des Arcis n’étant pas le seul homme à avoir profiter d’elle, la situation semblait se répéter, et donc prendre une tournure « fataliste » : comme lors de son précédent mariage, la pauvre Mme de la Pommeraye semblait donc être voué irrévocablement à être trahie : c’est sa volonté guidée par le désir de vengeance, qui métamorphose ce qui semblait être une tragédie en une comédie empreinte de cynisme. A la fin de l’œuvre, Jacques démontre une fois de plus le paradoxe qu’il incarne lorsque, s’apprêtant à se coucher, il prononce la phrase suivante(destinée à dissiper ses doutes quant la possibilité venant de sa femme.) : « S’il est écrit là-haut que tu seras cocu, tu auras beau faire, tu le seras, et si au contraire il est écrit que tu ne le seras pas, ils auront beau faire, tu ne le seras pas. Dors donc, mon ami. ».Ainsi nous pouvons nous représenter l’esprit de contradiction qui l‘anime, Jacques étant fataliste par l’esprit, et déterministe par l’action…une fois de plus,Diderot joue avec les repères du lecteur en mélangeant les deux notions, pour son plus grand plaisir(et le notre.).



• Conclusion.
On peut donc conclure en disant que, contrairement à d’autres ouvrages de Diderot comme le Supplément au voyage de Bougainville, Jacques le fataliste ne défend réellement aucune thèse. Il expose des questionnements, sans y apporter de réponse, les digressions apparaissant au moment précis où l’interrogation philosophique semble cohérente. Le récit étant abordé via une vision comique de l’existence, Diderot n’a nul désir de nous convertir au fatalisme, cherchant plus à nous faire rire qu’à nous instruire. Le fatalisme, dans cet étrange ouvrage, n’est pas une doctrine soutenue ou attaquée, c’est un motif, accroché à quelques mots soixante fois répétés, qui scandent le récit et contribuent à l’unité esthétique de l’ensemble.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ssb-center.com
Nicow
Modérateur
Modérateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 210
Age : 28
Localisation : St Maurice l'Exil
Emploi : Etudiant littéraiiiiiiire!
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Exposé - Le fatalisme et le déterminisme.   Mar 27 Mar - 20:31

Merci pour cet exposé, je l'avais trouvé vraiment super mais j'avais rien noté!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tiroir-a-pensees.skyblog.com
 
Exposé - Le fatalisme et le déterminisme.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Liberté, déterminisme, fatalisme.
» Déterminisme et indéterminisme
» pb plan exposé
» Exposé EPS
» Exposé : Les chevaliers

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
TL de l'Edit - Les bacheliers du Oueb :: Les cours. :: Lettres.-
Sauter vers: